Financer un EHPAD : Tout comprendre sur les aides financières disponibles

12/12/2025

Pourquoi le coût d’un EHPAD peut devenir un frein pour les familles

En France, le tarif moyen d’un hébergement en EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) s’élève à plus de 2 100 € par mois (source : CNSA, 2023). Mais cette moyenne cache de grandes disparités entre régions, voire entre établissements publics, associatifs et privés. Pour de nombreux foyers, c’est nettement supérieur à la pension de retraite du parent concerné. D’après la DREES, 29 % des résidents d’EHPAD n’ont pas les ressources suffisantes pour financer leur séjour sans aide extérieure (DREES, 2023).

  • En Île-de-France : jusqu’à 3 500 €/mois dans certains établissements privés.
  • Elsewhere : l’estimation la plus basse reste autour de 1 500 €/mois, avec des prestations minimales.

C’est pourquoi il est essentiel d’identifier toutes les aides possibles et leurs conditions.

APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) en établissement : la principale aide

L’APA est la prestation phare pour toute personne dépendante, à domicile ou en EHPAD. Versée quel que soit le niveau de revenu (mais avec une participation calculée selon les ressources), elle finance une partie du tarif dépendance – c’est-à-dire la somme qui couvre l’accompagnement et les soins liés à la perte d’autonomie.

Qui peut en bénéficier ?

  • Avoir plus de 60 ans.
  • Résider en France de façon stable et régulière.
  • Être classé(e) niveau GIR 1 à 4 (évaluation de la perte d’autonomie réalisée par l’équipe médico-sociale du conseil départemental).

Combien pouvez-vous espérer ?

  • Le montant de l’APA dépend du degré de dépendance (GIR) et des ressources.
  • L’APA finance uniquement la part “dépendance” du tarif, jamais l’hébergement ni les prestations hôtelières.
  • Exemple : dans la plupart des EHPAD, le montant APA établissement peut aller de 400 € à plus de 1 000 €/mois selon le GIR. (service-public.fr)

Comment faire la demande ?

  1. Demande à adresser au conseil départemental du lieu de résidence.
  2. Dossier à compléter (formulaire en ligne ou papier), avec justificatifs (ressources, état civil, certificat médical, etc.).
  3. Évaluation sur place du GIR.
  4. Décision et versement de l’APA, généralement directement à l’EHPAD.

L’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) : la solution pour les plus modestes

Lorsque les ressources personnelles et l’aide de la famille ne suffisent pas, l’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) peut prendre le relais. C’est un soutien départemental, destiné aux personnes âgées ayant de faibles revenus.

Conditions d'attribution

  • Être hébergé dans un EHPAD habilité à l’aide sociale (vérifier auprès de l’établissement – tous ne le sont pas).
  • Avoir des ressources inférieures aux frais d’hébergement demandés.
  • Remettre la majeure partie de ses revenus à l’EHPAD (l’allocation de solidarité aux personnes âgées, ASPA, incluse).

L’ASH : comment ça marche ?

  • Le conseil départemental paie le reste à charge non couvert ni par le résident, ni par les obligés alimentaires.
  • La récupération sur succession : après le décès du résident, le département peut récupérer les sommes avancées sur héritage, sauf exceptions. (service-public.fr)
  • L’ASH n’est pas automatique, elle se demande auprès du CCAS (Centre communal d’action sociale) ou du conseil départemental.

Obligation alimentaire : la participation des proches

La loi prévoit que certains membres de la famille (enfants, petits-enfants, gendre, belle-fille) contribuent si possible : c’est l’obligation alimentaire (Code civil, art. 205, 206). Leur part est calculée selon leurs ressources et leur situation familiale. Les situations de rupture familiale, de violence ou de précarité peuvent exonérer de cette obligation via une décision du juge.

Les autres aides financières : zoom sur les dispositifs complémentaires

Aide au logement (APL, ALS)

  • L’APL (Aide Personnalisée au Logement) peut être accordée dans de nombreux EHPAD, sous conditions de conventionnement.
  • L’ALS (Allocation de Logement Sociale) peut parfois prendre le relais si l'EHPAD n’est pas conventionné APL.
  • Montant moyen : de 70 € à 300 €/mois selon ressources, loyer, localisation de l’établissement (source : CAF).

Aides locales et complémentaires

  • Certaines communes ou départements proposent des aides ponctuelles, sous condition de résidence ou de ressources (fonds d’aide, chèque autonomie, aides à la santé, etc.).
  • Renseignez-vous auprès du CCAS de votre ville, de votre mairie ou directement auprès de l’assistante sociale de l’établissement.

Crédits d’impôt et exonérations fiscales

  • Les frais d’hébergement en EHPAD, au titre de la dépendance, ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 25 % des sommes engagées, dans la limite de 10 000 € par an (soit jusqu’à 2 500 € de réduction d’impôt, article 199 quindecies du Code général des impôts).
  • Les résidents exonérés de taxe d’habitation ou de redevance audiovisuelle peuvent parfois conserver ces exonérations en structure.

Structurer le financement : exemples de montages et étapes à suivre

En pratique, les familles ajustent souvent plusieurs aides pour atteindre un “reste à charge” supportable. Nous vous proposons une méthode simple :

  1. Faire le point sur vos droits (simulateurs APA/ASH sur Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, estimation aide au logement sur le site CAF).
  2. Demander l’APA immédiatement lors d'une entrée en EHPAD.
  3. Compléter avec l’aide au logement (dossier CAF).
  4. En cas de réel déficit, déposer un dossier ASH (demande à faire AVANT l’admission si possible, car certains établissements acceptent difficilement en cours de séjour).
  5. Utiliser le droit à la réduction d’impôt lors de la déclaration de revenus annuelle.

Exemple concret :

Dépenses / Mois Montant (€)
Tarif hébergement (EHPAD public) 1 800
Tarif dépendance (GIR 3) 450
Total 2 250
Pension de retraite -1 400
Allocation logement (APL/CAF) -200
APA versée à l’établissement -350
Reste à charge mensuel 300

Si ce reste à charge dépasse les capacités du résident et de la famille, l’ASH pourra être sollicitée pour couvrir la différence.

Questions fréquentes des familles : nos réponses pratiques

  • L’APA est-elle compatible avec l’ASH ? Oui, les deux dispositifs peuvent se cumuler.
  • Peut-on obtenir l’ASH dans un EHPAD privé ? Uniquement si l’établissement est "habilité à l'aide sociale" : bien vérifier ce point avant toute admission.
  • La demande d’ASH retarde-t-elle l’entrée en EHPAD ? Les délais varient (de 1 à 3 mois). Dans l’urgence, certains conseils départementaux peuvent appliquer l’aide avec effet rétroactif.

Prendre le temps d’étudier chaque solution, se faire accompagner

Facile de se sentir submergé entre les dossiers à remplir, les justificatifs à envoyer, et les délais à gérer… Se tourner vers l’assistante sociale de l’EHPAD ou du département permet souvent d’éviter bien des écueils et de bénéficier de conseils adaptés à votre situation. L’enjeu est d’obtenir un reste à charge supportable, dans le respect de la dignité du parent accueilli. Les dispositifs évoluent régulièrement, il est donc essentiel de vérifier chaque année vos droits et d’anticiper les besoins futurs.

N’hésitez pas à solliciter plusieurs conseils, à comparer les options : chaque famille est unique, et chaque accompagnement doit l’être aussi.

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